Cheval de mer doréNOM COMMUN : cheval de mer doré

NOM ANGLAIS : yellow seahorse

NOM LATIN : Hippocampus kuda

FAMILLE : Syngnathidés

Biomimétisme : chez les hippocampes, la queue préhensile (c’est-à-dire qui peut saisir ou s’accrocher) est composée de segments osseux carrés qui s’articulent avec flexibilité. Des chercheurs ont étudié ces propriétés mécaniques et leurs avantages. Elles inspirent la conception de nouveaux robots ou systèmes de défense notamment dans le domaine médical.

Distribution : dans tout l’Indo-Pacifique (Japon, Philippines, Indonésie, Australie, Polynésie) et en mer Rouge.  

Lieu de vie : champs d’algues et prairies sous marines dans des eaux très peu profondes, de 0 à 8 m. turbides. 

Description : son anatomie bigarrée le fait paraitre comme une "anomalie" de la nature; une tête et un cou de cheval, un corps enfermé dans une cuirasse comme celle des insectes, une queue préhensile telle celle d’un singe, des yeux orientables comme ceux du caméléon et enfin, une poche marsupiale, le "marsupium" (pour le mâle) comme celle du kangourou. Sa posture est aussi remarquable puisque sa tête fait un angle de 90° par rapport au reste de son corps. Ce corps qui est d’ailleurs recouvert d’une peau tendue par des plaques osseuses et non des écailles comme les autres poissons. Même s’il est bien un poisson, il ne possède pas de nageoires pelviennes et sa queue remplace la nageoire caudale. Ce manque de nageoires en fait un très mauvais nageur. Il se déplace à l’aide de sa queue mais il est souvent entrainé par les courants marins. Autre caractéristique, sa nourriture étant microscopique, il ne possède pas de dents.

Biologie : chez les hippocampes, le mode de reproduction est dit "paternotrophe", c’est le mâle qui donne naissance aux petits. Après un rituel d’accouplement complexe, la femelle pond ses œufs dans une poche située sur le ventre du mâle ; ensuite le mâle les fécondent et cette poche se referme jusqu’à l’éclosion des œufs. Cette poche fonctionne à l’identique de l’utérus des mammifères. Une fois la période de gestation terminée (environ 1 mois) les petits hippocampes sont expulsés de la poche par des contractions abdominales du père. 

Régime alimentaire : petits crustacés et autres microorganismes qui pullulent dans les algues. 

Taille : de 5 mm à la naissance à 18 cm maximum à l’âge adulte dans son environnement naturel, les Hippocampus kuda d’aquariums sont en général plus petits, environ 15 cm. Selon certaines sources, certains atteignent 20 à 30 cm. 

Menaces et mesures de protection : possède le statut de "vulnérable" selon la liste rouge mondiale de l’UICN . Les hippocampes sont trop souvent piégés dans les filets des chalutiers et sont victimes de la surexploitation, du commerce (et des trafics) pour les aquariophiles amateurs ainsi que pour le marché asiatique (chinois essentiellement) car ils sont utilisés dans la médecine traditionnelle. De plus la destruction de leurs habitats impacte leurs conditions de vie. 

Rôle dans l’écosystème : les hippocampes sont capables de mimétisme. Ils se fondent dans les paysages sous marins en reproduisant la (les) couleur(s) dominantes de leur support et des taches ou des bandes peuvent aussi apparaitre. Ils gardent alors une posture fixe pour ne pas se faire repérer de leurs proies : poissons-grenouilles, raies, requins. Ainsi, l’hippocampe est souvent confondu avec l’environnement. De plus, il chasse sans se déplacer. Ses yeux sont, comme chez le caméléon, indépendants l’un de l’autre et son acuité visuelle lui permet de surveiller sa proie dans un rayon de 4 cm. Au moment opportun, il étire sa bouche (dite protractile) en avant et créé ainsi un fort courant de succion, aspirant l’eau avec sa victime.

Résilience :  leurs origines et de leur évolution restent encore un mystère. Ils attirent l’attention depuis très longtemps et c’est Pline l’Ancien qui a qualifié cet animal de "cheval marin" en 79 après. J.C. Mais il a été décrit pour la toute première fois par le naturaliste Aristote qui écrivait qu’il "se déchire pendant la saison des amours". L’hippocampe est une espèce qui combine des caractères de multiples autres espèces, c’est ce qui en fait une espèce "hors du commun" et fortement intégrée dans les récits mythologiques.

Services rendus à l’Homme  : les cendres d’hippocampes mélangées à de la graisse et du vinaigre préviendraient la calvitie. En décoction dans du vin, ces cendres constitueraient un violent poison. Nombreuses recettes, potions et baumes divers ont été élaborés en vertu de pouvoirs "magiques" qu’on lui a attribués. Aujourd’hui, ces poissons sont très utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise. L’hippocampe est considéré comme une denrée de choix pour guérir l’incontinence, la sénilité, la circulation sanguine, l’asthme, les maladies de la peau, l’artériosclérose, l’impuissance, les angines, les maladies cardiaques, les migraines et les dépressions post-natales, etc. Il est consommé en décoction : on le fait bouillir pendant 2 à 3 heures avant de le consommer. Il est néanmoins non comestible.


SOURCES

Livres :
Encyclopédie LAROUSSE des animaux. Vie sauvage, îles et côtes. Vol 3, 1993

J.BRUSLE et JP.QUIGNARD. Pas si bêtes les poissons. Scènes de leur vie intime. Ed. Belin. Pour la science, 2006

Encyclopédie des animaux. Les poissons. Bordas. 1995

C.ROUX. La vie secrète des bêtes. Les bords de mer. Ed Hachette Jeunesse, 1981

 
Articles :
F.ROTHAN. Planète Hippocampe. Océanorama, Revue de l’institut océanographique Paul Ricard, n°32, décembre 2002, p29-34

M.SABOLO. Hippocampe, le dandy des océans. Mer & Océan, L’aventure de la mer, n°8, février 1996, p19-26

 
Sites :
http://www.dinosoria.com/hippocampe.htm

http://www.eol.org/pages/218966